Playlist

 

Diva Divo, Joyce Di Donato

 

 

Joyce DiDonato a choisi de célébrer la diversité dramatique qui caractérise le répertoire des mezzo-sopranos, habituées à endosser tour à tour la cuirasse des chevaliers et la robe à crinoline des grandes aristocrates. De Mozart à Strauss, en passant par Gluck, Bellini et Massenet, la chanteuse américaine met son incroyable abattage vocal au service des vertiges de l'ambivalence sexuelle.

Et prouve qu'elle n'est pas seulement une diva, mais également un divo ! Riche de possibilités dramatiques, la tessiture de mezzo-soprano permet à la chanteuse d'embrasser une identité tour à tour masculine et féminine. Joyce Di Donato est de ces artistes qui savent porter avec autant de panache que de charme la cuirasse d'un chevalier, le tablier d'une servante ou la tunique d'une vestale.

 

Sacrificium, Cécilia Bartoli

 

 

Cet album raconte l'histoire des castrats, avec tout ce que cette histoire a de complexe, de beau, de fascinant, de cruel. En effet pendant des siècles, des milliers de jeunes garçons ont été sacrifiés pour la beauté de la musique. Cecilia Bartoli a choisi de nous faire découvrir des joyaux perdus de la musique baroque, avec un album composé presque exclusivement de premières mondiales (11 titres inédits). Les arias présentées ici appartiennent au répertoire le plus virtuose qui ait jamais été composé pour la voix humaine - une alternance de pièces pour colorature, et d'airs lents, d'une sensualité affolante, écrits pour montrer l'extraordinaire capacité respiratoire de la plupart des castrats. L'album se concentre sur l'école napolitaine, qui a produit les superstars de l'époque : Farinelli et Cafarelli.

Carestini : The story of a Castrato, Philippe Jaroussky

 

 

Accompagné avec sensualité par Emmanuelle Haïm et le Concert d'Astrée, Philippe Jaroussky parcourt l'opéra du début du XVIIIe sur les traces du castrat Giovanni Carestini (1705-1760). Concurrent de Farinelli, Carestini inspira notamment Händel et Gluck, dans des styles brillants ou pathétiques. Plus androgyne que jamais, Jaroussky passe de l'un à l'autre tout au long d'un récital très intelligemment construit, épate par la virtuosité de ses passages de registre et n'oublie pas d'émouvoir, comme dans cet extrait de L'Orfeo, de Graun, enregistré en première mondiale.

 

Farinelli Porpora Arias [Airs de Porpora pour Farinelli],

Philippe Jaroussky et Cécilia Bartoli

 

 

Si la rencontre entre Jaroussky et Farinelli (le fameux castrat italien du XVIIIe siècle dont la vie a été porté au cinéma par Gérard Corbiau en 1994) était logique, le résultat tient du miracle. Épaulé par le chef italien Andrea Marcon à la tête du Venice Baroque Orchestra, le Français reprend les airs composés pour Farinelli par son maître de chant Porpora et fait chanter sa voix de tête comme jamais. En prime, deux duos avec Cecilia Bartoli achèvent de faire de cet album un must absolu du baroque.

Brokeback Mountain, opéra de Charles Wuorinen
 

 

Une création mondiale au Teatro Real de Madrid : Brokeback Mountain composé par Charles Wuorinen d'après la nouvelle d'Annie Proulx et le film multi-oscarisé d'Ang Lee. Nouvelle écrite en 1997 puis adaptée au cinéma, elle raconte la romance de deux cowboys dans les montagnes du Wyoming. Une relation interdite, destructrice mais flamboyante… une relation typique sur la scène d’un opéra en somme. C’est en partant de ce constat que Charles Wuorinen s’est lancé, à la demande de Gérard Mortier, dans l’adaptation lyrique de l’œuvre. Epaulé par l’auteure originelle pour le livret et Ivo van Hove pour la mise en scène, le compositeur américain a souhaité une œuvre sans sentimentalisme ou militantisme, toute tournée vers la dimension dramatique de la musique, du texte et de la mise en scène. L’erreur serait de penser que cet opéra est une simple transposition lyrique du film, l’équipe cherchant surtout à rester fidèle à la nouvelle et son atmosphère : la nature y est plus présente et menaçante, tout comme la pesanteur sociale. Les rôles-titres sont tenus par le baryton Daniel Okulitch et le ténor Tom Randle, tous deux connus pour leur engagement scénique. Une création mondiale en 2014 qui entre dans l’histoire du Teatro Real de Madrid.

Farinelli, film de Gérard Corbiau
 

 

Farinelli est un film de Gérard Corbiau, sorti en 1994. Le film raconte la véritable histoire du plus grand castrat de tous les temps, Farinelli, dans un 18ème siècle méconnu. Les castrats étaient à cette époque des personnalités mythiques idolâtrées par les foules et provoquant d'immenses émotions. Carlo Broschi, le compositeur et Farinelli, le chanteur, deux frères, liés par un lourd secret et par leur amour de la musique se partagent également leur conquête, le premier "ensemence" les femmes que le second séduit par la force et la beauté de sa voix. Ensemble, ils traversent l'Europe et connaissent de nombreux succès. Leur première rencontre avec Haendel, alors compositeur attitré de la cour d'Angleterre, quelques années plus tôt, tourne au cauchemar et va menacer le couple fraternel... Au faîte de sa renommée, Farinelli préférera se retirer en Espagne dans la cour du roi Philippe V et n'interpréter que pour lui les mêmes airs.

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